Max van Berchem

Max van Berchem naquit à Genève en 1863. Après des études à Genève et à Stuttgart, il présenta sa thèse de doctorat, consacrée à l'impôt foncier islamique, à l'Université de Leipzig en 1886. Il partit la même année pour l'Egypte où, découvrant l'état de délabrement avancé de nombreux édifices islamiques et l'existence de multiples inscriptions arabes non répertoriées, il entreprit d'explorer systématiquement les vieux quartiers du Caire, de photographier les mosquées, les écoles, les palais, les murailles et de relever les inscriptions monumentales.

 



Il fut le premier à prendre conscience de l'importance de ces inscriptions pour la reconstitution de l'histoire médiévale et il imagina un programme qui déboucha sur une nouvelle discipline, l’épigraphie arabe dont il fut le fondateur. Devant l'immensité de la tâche, il divisa le travail à accomplir entre plusieurs savants, principalement allemands et français, en se réservant l'étude des villes les plus importantes du Moyen-Orient, Le Caire, Damas et Jérusalem. Il explora l'Egypte en 1887, 1888, 1889 et 1890, Jérusalem et la Palestine en 1888, 1893, 1894 et 1914, la Syrie en 1894 et 1895 pour ne mentionner que ses voyages les plus importants. Puis, entre 1895 et 1914, il se consacra à la publication de l'énorme quantité de textes recueillis. En 1915, il écrivit à l'un de ses correspondants : "J'ai du travail pour dix ans au moins !". Mais, la Première Guerre mondiale avait éclaté en 1914 et durablement perturbé la collaboration internationale qu'il avait établie. Les lettres écrites pendant cette période reflètent son abattement. Au printemps 1921, lors d'un voyage au Caire pour la supervision de l'impression du Corpus de Jérusalem, il tomba subitement malade et retourna précipitamment à Genève où il décéda quelques semaines plus tard.

 

Au cours de ses voyages, Max van Berchem rassembla une quantité impressionnante d'inscriptions arabes. Il ne se limita pas, toutefois, aux textes gravés sur les monuments, mais il étudia aussi les édifices dans leur ensemble, les replaçant dans leur environnement, profondément conscient que les textes prenaient toute leur signification dans un cadre plus large. Une méthode similaire peut être observée dans ses publications où le commentaire philologique des inscriptions s'accompagne d'un descriptif historique détaillé. Ainsi, on trouve un grand nombre de photographies de monuments et de paysages parmi des prises de vue plus techniques d'inscriptions.

Ces photographies, avec les notes, les descriptions, projets, lettres et autres documents de Max van Berchem, constituent maintenant les Archives Max van Berchem conservées au bureau de la Fondation et à la Bibliothèque de Genève (correspondance). Les principales oeuvres de Max van Berchem sont le Corpus Inscriptionum Arabicarum, notamment les volumes consacrés au Caire et à Jérusalem, le Voyage en Syrie et des articles rassemblés dans les deux tomes d'Opera Minora.